Les céréales comme combustibles
Les céréales et d'autres
grandes productions végétales (oléagineux, betteraves) peuvent jouer un rôle
important dans la lutte contre l'effet de serre en réduisant la présence de
dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère. Elles peuvent également contribuer
substantiellement à la réduction de la dépendance énergétique de l'Europe.
Pour un hectare cultivé en céréales, il y a fixation de 5 à 6 tonnes de carbone
net* dans le grain et dans la paille grâce à la photosynthèse. Par ailleurs le
développement racinaire et l'enfouissement dans le sol des résidus de culture
de céréales aboutissent également à soustraire durablement 0,2 tonne de carbone
à l'atmosphère.
L'utilisation comme bio-carburants ou bio-combustibles du carbone
"récolté" permet de diminuer à due proportion les besoins de carbone
fossile, qu'il s'agisse d'hydrocarbure liquide, de gaz naturel ou de charbon.
Par ailleurs, ces carburants et combustibles sont relativement neutres quant à
l'émission de CO2 dans l'atmosphère : l'émission de gaz carbonique issue de
leur combustion est compensée par l'absorption de gaz carbonique par les
plantes dont ils proviennent.
Ces avantages ne pourront qu'être maximisés avec :
- la diffusion de l'agriculture de précision, qui permettra soit une
diminution, soit une meilleure rentabilisation des intrants,
- la progression des
techniques de travail du sol simplifié ("non labour"), qui évitera de
plus en plus l'oxygénation du carbone contenu dans le sol et donc son émission
dans l'atmosphère,
- l'utilisation de sources énergétiques qui proviendront également de la
biomasse pour le transport et la transformation de céréales en bio-carburant.
A - Aller vers une utilisation généralisée des bio-carburants
L'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) a rassemblé
des éléments dont sont tirés ces résultats, présentés dans le tableau ci-après,
sur l'épargne de CO2 qu'entraînerait l'incorporation des bio-carburants issus
des céréales - bio-éthanol et ETBE** - dans l'intégralité des super distribués
en France.
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Formule
d'incorporation
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ETBE à 8%
(seule formule
actuellement
autorisée
en France)
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Bio-éthanol
à 5%
(autorisé
par UE)
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Mélange
bio-éthanol
et ETBE
(testé
en 2002
en France)
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Bio-éthanol
à 10%
(formule
USA)
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Epargne de C02
(millions de tonnes d'équivalent CO2)
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0,7
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2,5
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3
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4,9
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Pour entrer dans
ce futur, il est indispensable :
1) dans l'immédiat, d'obtenir de l'U.E. la consolidation de notre fiscalité sur
les biocarburants au regard de la réglementation européenne sur les droits d'accise
applicable en la matière.
La demande a été faite il y a plus d'un an à Bruxelles et il faudrait que la
France accentue ses démarches auprès de ses partenaires pour obtenir cette
consolidation
2) d'étendre au bio-éthanol incorporé en direct au super la défiscalisation
jusqu'ici réservée au bio-éthanol destiné à la production d'ETBE.
3) de défendre les deux projets de directives biocarburants proposées par la
Commission européenne le 7 novembre dernier. Ces deux projets affichent des
objectifs d'incorporation de bio-carburants dans les carburants conventionnels
à hauteur de 5,75 % en 2010 et une défiscalisation harmonisée dans l'Union. La
Commission souhaite répondre ainsi aux engagements de lutte contre le
changement climatique et améliorer la sécurité de l'approvisionnement.
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