Redressement monophasé non commandé (Eric
VERLAET)
Voici les explications de ce
cours de travaux pratiques et surtout, l’utilité de celui-ci.
Lors de nos prochaines
réunions il sera fait appel très largement aux notions suscitées dans ces
quelques pages tant pour l’éolien que pour le solaire photovoltaïque (PV).
Le redresseur est un
dispositif qui permet de bloquer ou de redresser une partie d’un signal électrique. Dans le cas qui nous occupe, un signal
électrique sinusoïdal en provenance d’une éolienne. Cela se fait à l’heure actuelle grâce à un composant électronique
appelé « diode ».
Elle est constituée d’un assemblage d’éléments et forme
une jonction électronique. (jonction PN).
Dans une diode, le courant électrique ne peut circuler
que dans un sens, de l’anode vers la cathode.
Suivez la flèche, même s’il
n’y a pas d’Indiens.
Si l’on tente de faire
passer le courant dans l’autre sens, elle est bloquée, elle ne laisse pas
passer le courant (ou très peu, des
mA, appelé courant
de fuite).
Si l’on branche la diode dans le sens passant, elle laisse
passer le courant. Mais pour effectuer ce « travail », elle consomme
de l’électricité. Elle crée une chute de tension à ses bornes qui peut varier
de 0,4 à 1,1 Volts appelée la tension de seuil. Cette chute de tension
multipliée par le courant qui la traverse donne la puissance dissipée en
échauffement dans cette diode.
Exemple : une diode
BYV29 qui fournit 1 A à une résistance consomme 1,03Volt x 1Ampère = 1,03
W.
Maintenant intéressons-nous
aux caractéristiques de cette diode.
Dans la fiche technique
ci-après :
Vrrm (voltage reverse) nous
indique la tension inverse maximum, ici 500 V.
- If Le courant maximum contenu est de 9 A sur
charge résistive.
- Ifrm Le courant
de pointe répétitif (en alternatif par exemple) = 18 A.
- Ir Le courant de fuite de 2 à 50
mA
Pourquoi s’intéresser à ce
composant ? Pourquoi
maintenant ?
J’ai,
comme beaucoup, eu des soucis avec les régulations d’éoliennes (UVE500
E) , des batteries mortes après 2 ans, plates après 2 jours ! Je me suis donc penché sur des régulateurs
« brûlés ». En y regardant de
plus près, je suis très vite tombé sur des diodes en court-circuit, des
condensateurs explosés et d’autres joyeusetés du même ordre. Toutes mes découvertes seront exposées lors
de la réunion à venir.
Pourquoi tant de dégâts, tant de
problèmes ? … La réponse n’est pas simple, mais logique.
1.
Que fait le régulateur de la plupart des petites éoliennes ?
Il charge des batteries puis dévie l’excédent vers une résistance.
2. Que fait le régulateur lorsqu’il n’y a pas de vent ? Il consomme +/- 3 W et décharge lentement mais
sûrement ces mêmes batteries.
3. L’onduleur transforme le courant continu (24 V) en 230 V AC et alimente
une partie de la maison à la demande.
4. L’onduleur s’arrête automatiquement si la tension chute en-dessous
de +/- 24 V, le régulateur pas. Il
peut vider jusqu’à 8 V vos batteries et provoquer la mort de celles-ci en
moins de 2 ans.
Revenons à nos diodes : si, comme
dans le cours, nous redressons le courant avec une seule diode (page 11) et si
nous débitons sur une résistance, le courant électrique se superpose à la
courbe de la sinusoïde et ce pour la moitié de celle-ci.
On peut dire que la résistance est
alimentée en courant pulsé, dans ce cas-ci une résistance de R = U/I = 4.8
W P = R x I² = 120
W
La tension sera au maximum de :
Ö2 x 24 = 34 V
I maximum sera de : 34 /
4,8 = 7 A donc pas de problème pour notre iode.
Par contre, si nous plaçons une batterie
en lieu en place de la résistance, que se passe-t-il ?
La résistance interne de la batterie est
de l’ordre de 0,02
W
Elle peut se calculer mais pas se mesurer
au multimètre !(la mesure de la résistance de la batterie sera faite lors
de la réunion a venir)
La
tension de la batterie, même déchargée, n’est pas nulle et sera de +/- 20
V. Si le vent souffle, l’éolienne
débite sa tension de 24 V toujours une puissance disponible de 120 W. Lorsque l’on branche la batterie, la
tension de l’éolienne n’est supérieure à celle de la batterie que pendant de
courts intervalles (lorsque l’éolienne débite plus de 20 V).
La tension de l’alternateur est
sinusoïdale, mais la forme des pulsations du courant est quant à elle plus
prononcée. La diode ne laisse passer
le courant pour recharger la batterie que pendant +/- un tiers de période au
lieu d’une demi-période dans le cas de la résistance.
La même puissance moyenne (120 W) en deux
fois moins de temps. Faites le calcul.
Il faut donc 1.5 x plus de courant (7.5A au lieu de 5 A). Théoriquement … mais le courant ne s’arrête pas là. Prenons des chiffres réels.
La tension maximale de l’alternateur = 34 V. La tension de la batterie = 20 V. La différence de tension est donc de 14 V.
Si une batterie
automobile de 70 Ah possède une résistance interne de 0,02
W, le
courant de pointe théorique sera de 14/0,02 = 700 A.
Heureusement, les câbles et les
résistances des fils de l’éolienne et des batteries limitent le courant.
Dans ce cas-ci, le courant doit être
limité pour notre diode à 18 A et donc l’installation doit avoir une résistance
totale supérieure de R = U/I = 14/18 = 0,7
W.
Ceci démontre le danger qu’est la course
au stockage. Car, qui dit grosses
batteries, dit gros câbles et faible résistance. Cette explication est valable pour les redresseurs à ponts à 4
diodes (pont de Graetz) . Le même
phénomène apparaît avec des charges capacitives (condensateurs).
Et voilà tout pour les
courants ! Et la tension
alors ? Elle reste
stable ? Non ! Si la batterie se recharge, la tension de
celle-ci augmente. L’écart entre U de
l’éolienne et E (tension de la batterie) diminue et donc le problème du courant
est résolu…
Pas si vite. Si le courant diminue, la puissance R x I² fournit par l’éolienne
reste la même si le vent souffle toujours (120 W).
Que fait l’éolienne ? Elle accélère pour garder 14 V d’écart entre
la tension de la batterie chargée et la tension de l’éolienne. Tout cela jusqu’à 28 V aux bornes de la
batterie.
Nous sommes donc à une tension de 42 V
maximum sortie éolienne ou 28 V efficace.
A ce moment, la résistance du régulateur se met à chauffer. Si on a oublié de la brancher, attention :
les condensateurs explosent et la fumée envahit le local (histoire vécue).
L’éolienne s’ emballe, quitte à
perdre une pale.
Que faire alors ? Eh bien il n’est pas interdit de rêver qu’un
régulateur peu gourmand en énergie doté d’une intelligence artificielle puisse
réguler la tension, le courant et donc la charge raccordée à une éolienne
domestique pour éviter les incidents électriques et l’emballement de la
machine.
En gérant l’énergie au mieux, évitons de
l’arrêter par effacement horizontal (hélicoptère), voire même la mise à l’arrêt
pour cause de batteries chargées ou de vacances sous des cieux plus cléments
(bonjour André, envoie-nous une carte postale).
Résumons avec quelques chiffres et
débattons-en à la réunion.
- Charger
et décharger une batterie et onduleur 220V
50 % de perte
- Chauffer
de l’eau via une résistance dans un boiler
1 à 2 % de perte
- Chauffer
un local avec un radiateur électrique
1 à 2 % de perte
- Réinjecter
dans le réseau en 230 V AC 5 à 6 % de perte
Coûts des installations :
-Charger
et décharger une batterie.200Ah
400 € HTVA
- Chauffer
de l’eau via une résistance dans un boiler
150 € HTVA
- Chauffer
un local avec un radiateur électrique
50 € HTVA
- Réinjecter
dans le réseau en 230 V AC 180 € HTVA
Durée de vie du matériel :
- Charger
et décharger une batterie. 2 à 7 ans
- Chauffer
de l’eau via une résistance dans un boiler
10 ans
- Chauffer
un local avec un radiateur électrique
10 ans
- Réinjecter
dans le réseau en 230 V AC 10 ans
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